Avant propos, je tiens à vous témoigner ma colère face à ce projet. Six mois auparavant nous étions en pleine campagne électorale où le maître mot était l’écologie, où nous évoquions le souhait de reboiser le bois Saint Vincent (route de Flins), de transformer la ferme de la Haye en ferme pédagogique, de positionner Les Mureaux au cœur de l’éco-industrie, de donner une nouvelle ligne politique au canton. Fidèle à mes idées et aux actions menées par la majorité depuis huit ans (exemple : l’habitat HQE), vous comprendrez que je partage une déception certaine avec nombre de muriotins. Ce sentiment se renforce par le manque d’information des élus, de concertation avec la population et le mépris dont font preuve les porteurs du projet (cf déclaration de Pierre Bédier).
La question environnementale est évidement centrale. Le circuit sera construit sur la 2ème nappe phréatique d’Île-de-France et sur une zone inondable. En imperméabilisant les sols, les inondations seront plus importantes sur les bords de Seine des villes avoisinantes. Les nuisances seront grandissantes : pollution au carbone (trafic routier, aérien avec l’utilisation de l’aérodrome), visuelle et sonore (l’activité du circuit). Selon les projections, le site accueillera 1 million de visiteurs en transit par an ! L’argument du transport ferroviaire est faux : il est prévu la construction de parkings, l’utilisation des zones de stockage de Renault Flins et l’aménagement d’une nouvelle sortie autoroute entre les sorties Les Mureaux et Flins.
Le montage financier soulève aussi de nouvelles questions. Le Conseil Général a voté, sans la moindre opposition, le financement de la construction du circuit à hauteur de 120 millions d’euros issus de la taxe professionnelle perçue de l’industrie automobile. Comme vous le savez, un secteur en pleine restructuration. Attention donc à l’excès d’optimisme : les recettes de cette taxe seront en recul dans les années à venir. Et ce financement s’effectue au sacrifice d’actions sociales dont les yvelinois auront bien besoin dans un contexte de crise économique aujourd’hui, et sociale demain. Quant à l’exploitation du circuit, ce dernier sera-t-il à l’équilibre durant ces premiers exercices ? Les Mureaux et Flins devront-elles supporter les possibles déficits budgétaires?
L’argument principal des pro-circuits est la création d’emplois. Il faut développer l’argumentaire pour comprendre la tromperie : les emplois crées concerneront un supposé pôle recherche sur l’automobile électrique. En somme, des emplois très qualifiés qui ne correspondent pas aux besoins locaux et une activité en doublon avec le Technocentre de Renault à Guyancourt. Ainsi le circuit de Formule 1 ne sera pas créateur d’activité pérenne, mais d’emplois saisonniers (donc précaires, dans la restauration et l’hôtellerie), et surtout n’évitera pas une baisse de production à Renault Flins.
Au lieu de financer un sport appartenant au passé, nous devons nous tourner vers l’avenir en soutenant massivement l’éco-industrie dans notre région (cf part croissante de ce secteur dans l'économie allemande). Et plus personnellement, je préfère laisser aux générations futures des hectares de champs biologiques que des tonnes d’asphalte.
Bonnes fêtes à tous, et que 2009 soit une année de raison !



